Theo

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mardi 9 juillet 2019

Le Chrononaute


Voyageur, je vais au fil des mots — Chrononaute
me dit-on quand mes phalanges viennent tourner
les pages noires des livres où des sphinx sans nez
Eux regardent glisser — glisser les blancs steamboats

sur des fleuves romans, le long du Serpent Nil.
Vois, Nageur vertébré, si la rive d'Ithaque
a aussi ses statu quo comme Île de Pâques...
L'horizon que tu sondes n'est que ligne reptile.

Et du plus haut des minarets soudain résonne
le chant du muezzin...Sommes-nous à Samarcande ?
Les cimes des mosquées ont remplacé les landes
où dansaient celles aux chevelures d'automne.


Allons boire aux fontaines souvenirs confus
de ce qui fut peut-être un peu de nous ailleurs
quand nous étions Jésus et Judas l'orpailleur,
Confucius Siddhartha et prophète à l'affût.

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Ainsi avons-nous donc occis putes et dieux
Incapables désormais d'érections mystiques ;
curé les os de Sirène, crevé nos yeux
sur les bancs de sable de jardins aquatiques.

Que reste-t-il alors dans nos filets de pêche ?
Horizons—os rhizomes—ô miroirs brisés 
Des larmes de Sirène à présent un peu Seiche 
Vingt Mille yeux dont jadis nous étions la risée...

Et des caténaires pour toute cathédrale
quadrillent ici-bas notre azur dévasté.
Le soleil, lui, tu vois, il se meurt dans un râle ;
L'espérance et la foi ont cessé d'exister.


Il faudra dire au ciel qu'il n'y a plus d'oiseaux
pour cajôler ses nues de leurs ailes diaprées
ni même d'écailles pour iriser les eaux ;
il faudra dire aux Hommes qu'il n'est plus d'après !

Entends les ors félins qui d'orbites béantes
sourdent encore en choeur dans d'infinis murmures...
C'est le Temps Empereur qui donc nous chante
tant et tant d'histoires mais qui jamais ne durent.

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