Theo

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mercredi 20 février 2019

Le Festin


Chez les Syrtes j'irai, au pays des bruyères
effacer ce prénom en mangeant du lotos;
Jusqu'à la lie les liqueurs de Dionysos
je boirai ! Je boirai ! Renonçant à hier...

Nectars, sucs, ambroisie raviront ma mémoire
dans des crânes dorés qu'une nymphe adorée
remplira à ras bord en chantant des secrets
que j'oublierai – sitôt bu au divins ciboires.

Ce seront des banquets, des cornes débordant ;
Allongés sous des arbres si lourds de fruits d'or
que leurs branches ploieront jusqu'à toucher les corps
enlacés d 'amazones aux buissons ardents.

Ce sera le printemps ou peut-être l'été
quand je m'endormirai, repue de ces splendeurs
sur les seins de bacchantes aux exquises rondeurs ;
des nénuphars diront au milieu du Léthé

Qu'il est doux de se perdre en ces lieux dissolus !
Qu'il faut goûter encore aux sèves enjôleuses
distillées par des lèvres ô combien cajoleuses !
Qu'il est bon de rester dans l’ivresse absolue !

Narcisse je serai, noyé dans ces ruisseaux
de miels et d'épices, rougeoyant comme feux.
Des nues et des flots, je laisserai les bleus
Oui je serai Ulysse au creux de Calypso !

Celui dont l'esprit s'égare, le cœur s'égrène
et dont le corps n'est plus qu'une amphore percée
d'où s'écoulent des vins capiteux et corsés
qui viennent profaner la blancheur des arènes.

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