Theo

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mercredi 21 mars 2018

Chroniques 1


C'est ici que tout commence. A l'équinoxe de printemps. Parce qu'il faut bien un début. « Printemps » signifiant en ancien français « premier temps », il me semblait intéressant (ou plus juste du moins) de choisir cette date comme point de départ bien que le temps soit aussi rond que la planète sur laquelle les hommes, un jour, ont inventé ce concept.
Ce pourrait être le premier jour de l'an nouveau. Pourquoi pas ? Le 1er janvier n'a pas davantage de légitimité. Lorsque j'étais enfant, l'année commençait en septembre à chaque rentrée scolaire et se terminait en juin. Juillet et Août n'étaient pas vraiment du temps. Ces deux mois flottaient dans une sorte d'espace indéfini. Ils étaient Vacances. Ils étaient Manque.

J'aime le mot équinoxe. J'aime quand le jour et la nuit sont à égalité. Pourquoi faudrait-il toujours un gagnant et un perdant ? Équinoxe ferait un beau prénom pour quelqu'un né dans cette aube et ce crépuscule si bien partagés.

En ce 20 septembre 2018, je couvre donc d'encre la première page de ce carnet. Journal de bord ou intime ? Je laisse le soin à de futurs hypothétiques lecteurs de choisir mais sachez que je préfère de loin être le capitaine d'un bateau livre que l'écrivain ivre de nostalgie et reclus dans l'obscurité d'une chambre.

Si mes propos sont décousus et qu'il n'y a pas vraiment de linéarité à mes souvenances, rappelez-vous que le temps est rond comme la Terre. Il est L'Ouroboros qui se mord inexorablement la queue. Mes pensées sont libres de marcher où elles veulent. Elles peuvent emprunter la circonférence mais aussi les diamètres et les tangentes. J'avancerai sur le dos d'un Dragon pour une histoire sans fin ou bien je m'accrocherai à ses griffes.
Je serai à la barre d'une nef qui fend les mers, essuie les tempêtes, échoue parfois sur des bouts de terre perdus dans les océans, rattrapée alors par les fantômes du temps et qui rêvera toujours de grand large. Mais il n'y a pas d'horizon sans sillon...

Parce que je m'interrogeais aujourd'hui sur l'étymologie du mot « giboulée » après avoir été giflée à l'arrêt de bus par une pluie de grêlons, j'imaginai Mars non plus en dieu guerrier au bouclier d'airain mais en femme, buste d'opale aux seins de glace que j'aurais enlacé dans mes songes fiévreux. Elle n'avait plus de jambes, seule une queue de poisson comme la sirène médiévale mais cet appendice fondait sous les premières caresses du printemps, laissant un lit tout humide de son absence et transformant l'humble pucier en Pinta balançant sur des flots frénétiques. L'Océan naît-il d'une goutte d'eau ? Suis-je encore du printemps ? Je pense aussi à cette chanson de Bensé « C'est moi l'éternité en vrac, c'est moi qui dévore les enfants, c'est moi l'espoir et puis la claque c'est moi le printemps »
J'ai appris que l'origine de « giboulée » serait méridionale. Il y a un « gibourna » signifiant grésiller ; action de tomber du grésil, ce mélange de granules de neige et de cristaux de glace.

Mars est blanche. Mars est bleue.

J'ai voulu dresser une liste des lignes réelles ou imaginaires. J'ai commencé par épier le creux de ma paume et cette ligne de cœur qui n'était qu’ hachures jusqu'à toi puis j'ai voulu fixer la ligne d'horizon oubliant qu'elle n'existe pas au cœur des villes parce qu'elle a besoin d'Océan. J'ai fini par compter les lignes de bus qui six jours sur sept me mènent au boulot. Ici, on les appelle des lianes. Il y en a plus de 70 pour traverser la jungle urbaine et moi j'emprunte la 4, la 9, la 11...

2 commentaires:

  1. Bonjour, je suis désolée de vous déranger mais j'ai lue un document que vous avez écrit au sujet des runes et j'aurais aimée en savoir plus 😊😁

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  2. Je suis navrée d'insister mais je suis vraiment très intéressée par votre document et j'aimerais vraiment en savoir plus 😳😁😁

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